La formation au numérique dans l’intérêt de tous

Plusieurs projets portés par le secteur public (national et local) portent sur les formations aux métiers du numérique comme levier pour favoriser l’emploi. Ce qui doit forcément intéresser les entreprises qui les accompagnent, dont certaines ont (ou auront) du mal à recruter.

Le numérique a besoin de main d’œuvre !

Globalement, plus de 232 000 recrutements devraient avoir lieu entre 2017 et 2027, dont quelque 90 500 créations nettes, d’après l’étude de mai 2018, publiée par le FAFIEC (Fond d’assurance formation ingénierie et conseil), un OPCA (Organisme paritaire collecteur agréé) notamment en charge des métiers du numérique. Parmi les activités les plus porteuses figurent ainsi la sécurité, les objets connectés, l’industrie, la certification… Et si les profils experts de haut niveau dans le domaine de la donnée et du big data ou dans celui de la cybersécurité sont très recherchés par les entreprises, ils ne sont pas les seuls.

Les embauches, en effet, peuvent se faire à tous les niveaux de diplômes et dans nombre de domaines (entreprises, associations, collectivités…), comme l’explique Talents du numérique, association qui réunit des établissements de formation et des entreprises. De nombreux métiers sont accessibles après une formation courte de quelques mois.

Il y a donc un levier à actionner pour les pouvoirs publics, afin de lutter contre le chômage des jeunes, particulièrement élevé chez les non diplômés selon l’INSEE. C’est l’objet du plan national « 10 000 formations aux métiers du numérique » lancé en avril dernier, « pour donner l’opportunité à des jeunes et des demandeurs d’emploi peu qualifiés de se former au numérique ». Ce programme privilégiera 80% de personnes ne disposant pas du baccalauréat. Ce plan prévoit notamment une aide spéciale « métiers du numérique », délivrée par Pôle emploi pour toute entreprise souhaitant former un candidat. Avis donc aux entreprises en recherche de techniciens du numérique.

 

Des développeurs logiciels en territoires ruraux

Sur le terrain local, des opérations du même genre – formations numériques à l’initiative d’acteurs publics – commencent à voir le jour. Et là encore, cela peut intéresser les acteurs du privé, non seulement le tissu économique local (transformation numérique / perspectives de développement), mais aussi, par ricochet, ses prestataires. Parmi ces initiatives assez nouvelles, on peut citer le projet mené par la Communauté de Communes Lavalette-Tude-Dronne (CCLTD), qui rassemble quelque 50 communes (soit 18 500 habitants) du département de la Charente. Sur ce territoire rural, en partenariat avec d’autres personnes publiques (l’Europe, la région Nouvelle Aquitaine, le département de la Charente) la collectivité a mis en place une formation gratuite : elle est destinée à des demandeurs d’emploi pour leur délivrer un titre professionnel « Développeur logiciel » de Niveau III (équivalent bac + 2). Le cursus, lui, se déroule sur six mois, dont deux mois de stage en entreprise qui peuvent constituer une excellente entrée en matière, pour les uns comme pour les autres. Intéressant quand on sait que, d’après l’INSEE, fin 2016, 19 % des TPE de moins de 10 personnes, elles, ne disposaient pas d’accès à internet.

 

Des techniciens pour la fibre et les Datacenter

Dans un autre domaine, toujours sur un terrain porteur en termes d’emploi, on peut également signaler le projet Ecole des Plombiers du numérique. Ici, il s’agit de répondre à l’enjeu posé par le développement de la fibre dans le cadre du Plan France Très haut Débit. Les observateurs prévoient en effet près de 25 000 postes à pourvoir : cela concerne le déploiement et le maintien des infrastructures. Le cursus cible les jeunes majeurs (18 / 25 ans) déscolarisés et sans activité depuis un an, auxquels sont dispensées des formations courtes, innovantes et diverses, menées avec des écoles habituées à accueillir ces publics. Le projet  a vu le jour à l’initiative d’Impala Avenir, fond de dotation de « projets d’entrepreneuriat social et d’autonomisation des plus démunis », en partenariat avec la FIRIP (Fédération des industriels des réseaux d’initiatives publiques) et France Datacenter (acteurs du monde du Datacenter). Les formations, qui comprennent des stages en entreprise, s’organisent en trois filières : technicien fibre, opérateur réseau NOC (Network Operations Center ou centre des opérations réseaux) et technicien Datacenter (rackage, câblage, sécurité…). Autrement dit, des métiers en lien avec le cloud, lui-même en forte progression. Le dispositif a commencé à Chelles (77) en 2017 et se poursuit à Marseille, Bordeaux et ailleurs… De quoi intéresser également les entreprises du secteur.

On le voit donc à la lumière de ces deux exemples : préoccupations sociales des collectivités et objectifs des acteurs privés peuvent déboucher sur des solutions communes. Aux acteurs concernés de rester à l’écoute les uns des autres, de se rencontrer et de dialoguer. Ils disposeront de deux jours entiers pour le faire, lors d’AP Connect, le salon des solutions IT pour les administrations publiques (29 et 30 janvier 2019 à l’Espace Grande Arche – Paris La Défense).

 

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  • étude de mai 2018, publiée par le FAFIEC (Fond d’assurance formation ingénierie et conseil), un OPCA (Organisme paritaire collecteur agréé) notamment en charge des métiers du numérique. Parmi les activités les plus porteuses figurent ainsi la sécurité, les objets connectés, l’industrie, la certification… Et si les profils experts de haut niveau dans le domaine de la donnée et du big data ou dans celui de la cybersécurité sont très recherchés par les entreprises, ils ne sont pas les seuls." class="module-share__link">