2019 : c’est le numérique qui donne le tempo

Le numérique transforme le rôle même des technologies. Classiquement affectées à la modernisation des administrations, elles deviennent aujourd’hui un élément indispensable à leur transformation. Mais pas le seul.

Les lignes bougent sur tous les fronts ! Si les DSI (les responsables des directions de services informatiques) enrichissent régulièrement la palette de leurs compétences, la matière même qu’ils ont en charge s’est également très étoffée ces dernières années. Aujourd’hui, explique en substance Aurélie Courtaudon, analyste « Secteur public » chez MARKESS by exægis (cf. le blog MARKESS), l’ensemble « informatique / télécom » ne représente qu’une partie des enjeux : pour résumer, ce sont ceux liés à la gestion de l’existant et aux grands systèmes qu’il s’agit de moderniser. En complément, le numérique, lui, va permettre aux administrations de faire face à l’avenir tout en soulevant des questions qui ne seront plus exclusivement technologiques. Cela concernera, par exemple, les usages et l’évolution des entités en question (technique et organisationnelle), le tout dans une dimension « innovation » intégrant les nouvelles façons de travailler (« aller au-delà de la dématérialisation »). Conséquence, à la différence de l’informatique – qui relevait de la sphère DSI – le numérique implique, outre la DSI, la direction générale et les directions métiers.

Des défis et enjeux d’une autre nature

Des enjeux propres à cette transition numérique, en effet, se dessinent aux administrations, selon Aurélie Courtaudon. Il y a ainsi la « relation usager » à moderniser, dans un contexte où le grand public – qui dispose d’internet et des applications smartphone pour gérer son quotidien – attend davantage et différemment de la part de sa mairie ou de sa préfecture. Autre défi posé à la sphère publique, la question encore émergente de la gestion des données qu’elle produit ou supervise (leur ouverture, protection et exploitation) : là encore, des chantiers pas seulement techniques (cf. les obligations liées au RGPD ou à l’open data). Il faut également, troisième défi du secteur public, renforcer la maîtrise des processus documentaires : si les techniques de dématérialisations sont, par exemple, entrées en phase de maturité, il reste encore des activités à transformer, pour parvenir à une dématérialisation de la chaîne dans son entier.

Parallèlement à ces enjeux liés au numérique, et plutôt tournés vers l’extérieur, les administrations doivent relever des défis internes. Il y a ainsi la nécessité d’aborder pleinement la « relation agent », c’est-à-dire se focaliser sur cette « expérience » spécifique : s’intéresser à l’environnement de travail (pas seulement l’ergonomie), analyser l’acculturation aux outils numériques… Une problématique que les administrations commencent à intégrer, notamment via le télétravail et le travail à distance.

A ce stade, on le voit, les services RH sont aussi appelés à intervenir car la problématique ne se résume pas à doter les agents de nouveaux outils mais à appréhender de nouvelles méthodes de fonctionnement et de travail aux conséquences bien concrètes : par exemple anticiper ce qu’apportera la possibilité pour les travailleurs sociaux de récupérer la donnée « au plus près » grâce aux outils nomades et connectés. Le tout sans oublier l’émergence de nouvelles méthodologies, telles que la co-construction de services (pouvant impliquer aussi les citoyens), ou de modes opératoires spécifiques liés au cloud. Bref, chacun(e) doit se mobiliser !

Un marché qui se transforme

Quant au marché et à la commande informatique du secteur public – croissante, même si plus modérée que celle du secteur privé -, elle commence aussi à refléter ces enjeux liés au numérique. Le secteur « logiciels et services »*, par exemple, devrait atteindre 8 milliards d’euros en 2020, contre 7,8 milliards en 2018, après une période de ralentissement observée ces dernières années. Mais ses différentes composantes n’évoluent pas de la même façon. En lien avec le cloud et le Saas (croissance d’environ 15 % prévue d’ici deux ans sur le secteur public), les « services » – applications métiers accessibles à distance, solutions transverses collaboratives… – progressent, eux, plus vite que les « logiciels » où l’acquisition de licence, notamment, est en légère décélération.

Et au sein même de ces « services », c’est le segment du « design » (conception, développement d’une solution) qui se montre le plus dynamique, correspondant à la phase actuelle d’innovation, devant le « build » (le déploiement, la mise en œuvre) et le « run » (la maintenance, le suivi…). Les startups d’Etat (services publics sans personnalité juridique propre, constitués d’une petite équipe autonome, financés par des administrations) orientées innovation sont une illustration de cette dynamique.

Il y a donc, pour les administrations, de nombreux champs à explorer (voire à inventer) afin de réussir cette transformation numérique. Une transition qui nécessite la participation des équipes techniques, certes, mais aussi celle des décideurs, des directions métiers et des acteurs externes concernés (les prestataires, les citoyens…). Une belle opportunité de donner corps à ces échanges, de prendre des conseils, voire de s’inspirer des modèles qui fonctionnent à l’occasion d’AP Connect, le salon des solutions IT pour les administrations publiques. Il se tiendra les 29 et 30 janvier 2019 à l’Espace Grande Arche – Paris La Défense.

 

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Note

* Le marché logiciels et services numériques comprend les ventes de licences de logiciels, les abonnements aux solutions de cloud computing (BPaaS, SaaS, PaaS et/ou IaaS), les prestations de services IT (conception (Design), mise en œuvre (Build), exploitation (Run)). Le périmètre secteur public analysé par MARKESS adresse les ministères, les organismes sous tutelle et les agences de l’Etat, les établissements de santé publics, les collectivités locales. Sont exclues les entreprises publiques (RATP, SNCF…).

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  • compétences, la matière même qu’ils ont en charge s’est également très étoffée ces dernières années. Aujourd’hui, explique en substance Aurélie Courtaudon, analyste « Secteur public » chez MARKESS by exægis (cf. le blog MARKESS), l’ensemble « informatique / télécom » ne représente qu’une partie des enjeux : pour résumer, ce sont ceux liés à la gestion de l’existant et aux grands systèmes qu’il s’agit de moderniser. En complément, le numérique, lui, va permettre aux administrations de faire face à l’avenir tout en soulevant des questions qui ne seront plus exclusivement technologiques. Cela concernera, par exemple, les usages et l’évolution des entités en question (technique et organisationnelle), le tout dans une dimension « innovation » intégrant les nouvelles façons de travailler (« aller au-delà de la dématérialisation »). Conséquence, à la différence de l’informatique – qui relevait de la sphère DSI – le numérique implique, outre la DSI, la direction générale et les directions métiers." class="module-share__link">